L’humanité souffre. Au cours des douze dernières années, la consommation d’antidépresseurs a grimpé dans les pays les plus prospères. Le Canada, les États-Unis, les pays européens et l’Australie font partie des plus grands consommateurs. Rien qu’aux États-Unis, 33 millions d’adultes prennent maintenant ces médicaments.
Pourquoi une telle désolation en plein cœur de la prospérité ?
Nous recherchons tous le bonheur authentique ; nous voulons tous vivre pleinement, mais la vie est difficile, semée d’embûches. Alors, nous cherchons des raccourcis, et le monde commercial est toujours prêt à nous dépanner avec ses offres alléchantes de bonheurs faciles qui sèment souvent confusion et désillusion chez le preneur.
Des millions de personnes, ne pouvant s’épanouir pleinement de cette manière, cherchent au moins à réduire leur sentiment d’insatisfaction et les irritants de la vie afin de faire grimper de la négativité à la neutralité leur baromètre du bonheur. Mais est-ce ce dont notre être a profondément besoin ?
Notre recherche tâtonnante de bonheur nous coûte cher, tant sur le plan personnel que financier, mais j’oserais dire – étonnamment peut-être, étant donné les coûts élevés engagés et tout ce que cela gruge dans nos vies – que nous ne visons pas assez haut : comme le vrai bonheur est si souvent élusif, notre consolation serait de réduire notre insatisfaction latente et d’éliminer nos frustrations quotidiennes. En un mot, nous ne savons pas ce que nous voulons vraiment, mais nous savons certes ce que nous ne voulons pas.
Si nous ne sommes pas aussi heureux que nous le voudrions, si les portes auxquelles nous avons frappé pour connaître le bonheur restent fermées, peut-être est-ce le temps de repenser à ce qui constitue le bonheur. Car le bonheur, le vrai, n’est-ce pas un sentiment de plénitude, de paix intérieure, de béatitude, enfin ? Dans son Sermon sur la montagne, Jésus nous rappelait que cette béatitude si captivante, si recherchée, réside au tréfonds de nous-mêmes, dans notre vrai « moi ». L’ironie, c’est que, dans notre recherche perpétuelle de cette béatitude par des artifices, nous nous éloignons de nous-mêmes. C’est ainsi que nous nous démantelons dès la fin de notre enfance en nous distançant de notre identité authentique et profonde, pour passer ensuite le restant de notre vie à essayer de nous reconstruire. À la périphérie de nos vies, alors que nous passons en vain tant de temps en quête du vrai bonheur, de la béatitude, nous nous consolons trop souvent de nos déceptions en accumulant des possessions ou en nous fabriquant une façade que nous voudrions que le monde entier embrasse. Dans cette désharmonie, nous nous aliénons de nous-mêmes – certaines personnes plus que d’autres – et renonçons à la béatitude. Pour la trouver, nous devons redevenir nous-mêmes, nous approcher de notre moi authentique, et ainsi redécouvrir notre raison d’être.
Si vous êtes comme la plupart d’entre nous, dans votre recherche du bonheur, vous avez vraisemblablement souffert maintes injustices et humiliations, peut-être même certaines formes de persécution qui vous ont donné faim de justice. Il est probable que vous ayez éprouvé, à certains moments, du remords face à votre passé, affligé de votre pauvreté de cœur. Peut-être l’êtes-vous encore aujourd’hui, recherchant la paix d’esprit. « Où puis-je donc trouver le vrai bonheur, la béatitude ? » nous demandons-nous souvent. Écoutons Jésus ! Dans son Sermon sur la montagne, il nous apprend ce qu’est le vrai bonheur et comment l’atteindre malgré toutes nos afflictions. Sa façon divine de changer le négatif en positif – en béatitude – peut surprendre au début, mais il nous demande de lui faire confiance.
Ce livre a pour but de vous aider à renouveler votre confiance dans l’enseignement de Jésus. Imaginez : le créateur d’un univers aux milliards de galaxies est venu sur Terre sous forme humaine, il y a deux mille ans, pour nous révéler le sens de la vie et le chemin de la béatitude. Ne devrions-nous pas l’écouter ?
Mais qu’est-ce que la béatitude, au juste, et pourquoi est-ce important ? La béatitude, c’est le désir le plus profond de notre cœur. Elle est importante parce que son acquisition motive tous les efforts de notre vie. Elle est l’objet de nos pensées les plus profondes ; tous les grands penseurs de l’histoire y ont réfléchi profondément.
Ce livre vous offre une nouvelle façon d’apprécier les voies de Dieu pour trouver cette béatitude à laquelle notre cœur aspire.
Jésus aborde de la façon suivante la paix intérieure et le bonheur dans les huit béatitudes qu’il nous a révélées dans son Sermon sur la montagne. (Matthieu 5, 3-12) Avant de vous y plonger, rappelez-vous que les voies de Dieu sont rarement celles qui nous viendraient instinctivement à l’esprit.
- Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des cieux est à eux.
- Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
- Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
- Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
- Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
- Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
- Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
- Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux.
Je crois que ces huit béatitudes constituent la réponse à toutes nos aspirations et inquiétudes – les vôtres, les miennes, et celles du monde entier – parce qu’elles vont droit à l’essentiel. Vous verrez aussi que chacune d’elles s’appuie sur la précédente pour former une vue d’ensemble de ce qui vaut la peine d’être recherché. L’enseignement de Jésus, en plus de définir le vrai bonheur, nous sert de guide pour la recherche elle-même.
J’ose espérer que les conseils de Jésus transformeront votre cœur et votre vie, et que vous verrez ainsi, au-delà des circonstances et des tensions dans votre vie, que tout ce dont vous avez besoin pour votre paix intérieure et votre bonheur durable est déjà en vous.
Au fil de ma carrière en ressources humaines, j’ai constaté que derrière notre besoin de bonheur se cache un désir plus profond, souvent inconscient, de retrouver ce qui est déjà en nous. Depuis que je suis à la retraite, mon bénévolat auprès des mourants, dont plusieurs m’ont confié le récit de leur vie, m’a amené à cette même conclusion. J’ai donc écrit ce livre dans l’espoir qu’il vous aidera à découvrir, ou à redécouvrir, ce trésor enfoui que Jésus admirait tant en chacun de nous.
Mon livre a pour but de vous rappeler la recette de Dieu pour la béatitude en jetant un regard nouveau sur ses ingrédients, ses étapes, et enfin sur l’image globale. J’ose espérer que la Parole de Dieu pourra en cela rejoindre quelque chose de profond en vous, le vrai de vrai, qui vous amènera à voir le monde d’une manière nouvelle, plus lumineuse.
Dans cette optique, j’ai structuré le livre en trois parties.
La première partie, La route la plus fréquentée, montre comment, dans leur quête de bonheur, de liberté et d’épanouissement, beaucoup cherchent aux mauvais endroits, et pourquoi ils échouent. La deuxième partie, La route la moins fréquentée, propose un regard nouveau sur le Sermon sur la montagne, révélant comment les béatitudes peuvent nous conduire, en huit étapes, à la paix intérieure. Enfin, la troisième partie, Les béatitudes dans le quotidien, offre des moyens concrets pour vivre cet enseignement du Christ au jour le jour – et explique pourquoi il représente, à lui seul, une réponse profonde aux grandes crises de notre époque.
J’espère que ce petit livre vous offrira, ici et là, quelques trésors de Jésus à garder dans votre cœur – des passages qui, peut-être, vous laisseront entrevoir quelque chose de la lumière de Dieu.
Faisons route ensemble.